Crise régionale : que prépare réellement Alger après ses dernières déclarations sur le Sahara ?

Par Youssef Boulayoun • 19 nov. 2025, 18:42 • 2 min de lecture • Monde
Crise régionale : que prépare réellement Alger après ses dernières déclarations sur le Sahara ?

Derrière le ton dur adopté par Alger sur le Sahara se cachent des signaux politiques, diplomatiques et internes révélateurs d’une stratégie en mutation. Chronexium analyse ce que l’Algérie tente réellement de construire – ou de masquer.

Une posture plus agressive pour masquer les difficultés internes
Depuis plusieurs semaines, le pouvoir algérien multiplie les déclarations hostiles sur le dossier du Sahara. Ce durcissement intervient dans un contexte interne sensible : tensions économiques, contestation sociale diffuse, perte d’influence régionale. Dans ce climat, le régime semble miser sur une rhétorique nationaliste pour consolider sa base interne, comme il l’a souvent fait lors de périodes délicates.

Un repositionnement diplomatique sous pression
Sur le plan externe, Alger apparaît inquiète du glissement progressif de la scène africaine vers les positions marocaines. L’ouverture de consulats dans les provinces du Sud, les partenariats stratégiques croissants du Maroc et les soutiens renouvelés d’États africains affaiblissent la ligne diplomatique algérienne. Les nouvelles déclarations cherchent à rappeler que l’Algérie entend rester un acteur incontournable – même si la dynamique régionale joue de moins en moins en sa faveur.

Des tentatives de mobiliser certains alliés internationaux
Alger tente également de relancer certains relais internationaux en misant sur un discours de “stabilité régionale menacée”. Cependant, cette stratégie peine à convaincre : les partenaires traditionnels de l’Algérie adoptent une posture de neutralité prudente, tandis que de nouveaux équilibres géopolitiques redessinent les alliances en Afrique du Nord et de l’Ouest.

Un message adressé au Polisario, fragilisé et divisé
Les déclarations de plus en plus virulentes comportent aussi une dimension interne au camp séparatiste. Confronté à des dissensions, un manque de perspectives et une perte de soutien international, le Polisario peine à maintenir une cohésion minimale. Alger cherche à lui offrir un signal d’appui symbolique, faute de pouvoir proposer une stratégie concrète.

Une stratégie qui montre plus de nervosité que de vision
Globalement, la posture d’Alger traduit moins une stratégie long terme qu’une réaction défensive. Le Maroc a consolidé ses acquis diplomatiques, multiplié les partenariats économiques et renforcé son ancrage africain. Face à cela, Alger donne l’impression d’un pouvoir qui tente de suivre le rythme sans parvenir à influencer la dynamique régionale.

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