La diplomatie maghrébo-arabe connaît une mutation profonde depuis le vote de la résolution 2797 des Nations Unies, prolongeant le mandat de la MINURSO et consacrant, de fait, la pertinence du plan d’autonomie marocain comme base réaliste pour une solution politique durable.
Ce texte, soutenu par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, a provoqué un réalignement silencieux au sein de plusieurs capitales arabes.
Un vote révélateur d’équilibres mouvants
Alors que l’Algérie a choisi l’abstention, plusieurs pays du Golfe ont réaffirmé publiquement leur soutien au Maroc. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, déjà signataires d’accords stratégiques avec Rabat, ont souligné dans leurs communiqués “l’attachement à l’intégrité territoriale du Royaume et à la stabilité régionale”.
Dans le même temps, le Qatar, souvent plus mesuré sur le dossier saharien, a laissé filtrer une position d’équilibre, soucieuse de ne pas heurter ses partenaires maghrébins.
Le Maroc au cœur du nouveau jeu régional
Rabat se retrouve au centre d’une recomposition plus large où la diplomatie économique rejoint la diplomatie symbolique. Le Royaume bénéficie aujourd’hui d’une double crédibilité : un ancrage africain affirmé et une légitimité arabe consolidée.
Cette position d’arbitre discret s’observe notamment dans les initiatives énergétiques et sécuritaires menées avec les Émirats, ainsi que dans la coopération militaire croissante avec certains pays du Golfe.
Une diplomatie du réalisme
“Le Maroc a su convaincre par la constance et la modération de sa politique étrangère”, a déclaré récemment Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, dans une interview à 2M. “La question du Sahara n’est pas seulement une question nationale ; elle est désormais un test de crédibilité pour ceux qui prônent la stabilité et la paix dans la région.”
Cette approche pragmatique, soutenue par les partenaires occidentaux, contraste avec l’isolement croissant d’Alger sur le plan diplomatique.
Vers un axe Rabat-Riyad-Abou Dhabi ?
La convergence d’intérêts entre le Maroc et les monarchies du Golfe pourrait préfigurer un nouvel axe d’influence au sein de la Ligue arabe. Cet axe repose moins sur une solidarité idéologique que sur une communauté d’intérêts : sécurité, investissements, énergie et gouvernance numérique.
Dans un contexte mondial marqué par la rivalité sino-américaine et la reconfiguration du Proche-Orient, Rabat semble vouloir s’imposer comme le pivot d’un bloc arabe modéré et stable, capable de dialoguer à la fois avec l’Europe, l’Afrique et les États-Unis.