Le déplacement de Nasser Bourita à Moscou marque une étape importante du rapprochement diplomatique entre le Maroc et la Russie. La rencontre avec son homologue Sergueï Lavrov est prévue pour le jeudi 16 octobre 2025, en marge de la 8ᵉ session de la Commission mixte russo-marocaine de coopération économique, scientifique et technique, coprésidée par les deux ministres.
Aux yeux de Rabat comme de Moscou, l’occasion est propice pour faire le point sur la trajectoire bilatérale. Au menu : redéfinition des axes de coopération (énergie, commerce, technologie), accélération des investissements et projets conjoints, ainsi qu’un dialogue renforcé sur les grands dossiers internationaux. Le Maroc espère tirer parti de cette coopération pour diversifier ses partenariats stratégiques.
Mais cette rencontre ne se limitera pas aux aspects économiques. Les enjeux géopolitiques seront prépondérants. Dans le contexte du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Sahel, Rabat et Moscou chercheront à coordonner leurs positions sur les crises régionales, notamment la situation en Libye, au Soudan, et l’extension de l’influence russe en Afrique. Le Maroc souhaite également sensibiliser la Russie à l’importance de son rôle en tant que membre permanent du Conseil de sécurité dans le dossier du Sahara occidental.
Sur cette question sensible, les observateurs suivront de près les mots employés. Quelques jours seulement après que Lavrov a déclaré que la Russie est prête à « examiner favorablement » le plan d’autonomie marocain pour le Sahara, sous réserve qu’il soit accepté par les parties concernées et encadré par l’ONU, Rabat espère transformer cette ouverture verbale en soutien diplomatique concret. Cette position russe pourrait peser lourd lors du vote à venir au Conseil de sécurité sur le mandat de la MINURSO.
La rencontre s’inscrit dans une logique de dialogue régulier et stratégique entre les deux États. La diplomatie russe insiste sur la solidité de ce dialogue et la convergence sur plusieurs dossiers majeurs. Le Maroc, de son côté, parie sur un équilibre entre coopération pragmatique et affirmation de ses intérêts souverains.
Si cette visite se déroule sur de bonnes bases, elle pourrait marquer un tournant dans la relation maroco-russe : un pacte de confiance renforcé, assorti de résultats tangibles sur la scène internationale. Le défi sera de transformer les intentions en actes, dans un environnement diplomatique instable, où chaque mot compte.