Alors que la CAN 2025 bat son plein, le Maroc ne limite pas son rôle de pays hôte à l’organisation sportive. Depuis le début de la compétition, des journalistes africains accrédités sont conviés à des visites culturelles organisées en parallèle des matchs, révélant une stratégie de communication fondée sur l’expérience directe et la projection d’image.
Ces déplacements, étalés sur plusieurs jours, conduisent les professionnels des médias au cœur des villes emblématiques du Royaume. À Rabat, capitale politique et culturelle, les journalistes découvrent la Kasbah des Oudayas, la Tour Hassan et les espaces historiques qui racontent la continuité de l’État marocain. Ces lieux, chargés de symboles, offrent un cadre propice à la compréhension du récit national que le pays souhaite projeter durant la compétition.
À Fès, la visite de la médina classée au patrimoine mondial, de la médersa Bou Inania et des ateliers artisanaux met en avant un Maroc ancestral, structuré autour du savoir, de la transmission et de l’artisanat. Cette immersion permet aux journalistes de saisir une dimension souvent absente des couvertures sportives classiques, mais centrale dans la stratégie d’image du Royaume.
Marrakech figure également parmi les étapes clés de ce programme parallèle. Le Palais de la Bahia, la place Jemaa el-Fna et les jardins historiques deviennent autant de décors où se croisent culture, tourisme et narration médiatique. L’objectif est clair : associer la CAN 2025 à une expérience marocaine globale, dépassant le simple cadre du football.
Dans certaines séquences, les journalistes accèdent aussi à des sites institutionnels et culturels modernes, illustrant la volonté du Maroc de conjuguer héritage et modernité. Cette approche vise à équilibrer le récit entre tradition, stabilité et capacité organisationnelle, à un moment où l’attention médiatique africaine est particulièrement concentrée.
Ce dispositif n’est pas improvisé. Il s’inscrit dans une logique de soft power assumée, où l’événement sportif devient un levier de diplomatie culturelle. En offrant aux journalistes un accès privilégié à ces lieux, le Maroc façonneu relie la performance sportive à une narration nationale cohérente et maîtrisée.
À travers ces visites organisées pendant que la CAN se joue, le Royaume envoie un message clair : l’organisation de la compétition ne se limite pas à la logistique des matchs, mais participe d’une vision plus large, où l’image, le récit et l’influence médiatique comptent autant que les résultats sur le terrain.