Condamnation confirmée : l’Algérie maintient les 7 ans de prison du journaliste français Christophe Gleizes

Par Youssef Boulayoun • 04 déc. 2025, 08:54 • 3 min de lecture • Monde
Condamnation confirmée : l’Algérie maintient les 7 ans de prison du journaliste français Christophe Gleizes

Le journaliste français Christophe Gleizes a vu sa peine de sept ans de prison confirmée en appel en Algérie. Son dossier, lié à une enquête menée en Kabylie, pose de sérieuses questions sur la liberté de la presse et les relations franco-algériennes.

La justice algérienne a tranché : Christophe Gleizes, journaliste français arrêté en mai 2024 à Tizi Ouzou, restera condamné à sept ans de prison. Le verdict, rendu hier par la cour d’appel, confirme la lourde peine prononcée en première instance et referme une porte que la défense espérait encore ouvrir. Ce maintien de condamnation s’inscrit dans un climat judiciaire et politique particulièrement sensible.

Gleizes, collaborateur de médias français reconnus, s’était rendu en Kabylie pour enquêter sur l’environnement sportif et sociopolitique autour de la JS Kabylie. Il disposait d’un visa touristique, un point que les autorités algériennes ont immédiatement retenu pour qualifier sa présence de non conforme à une activité journalistique. À son interpellation, il lui a été reproché des contacts supposés avec des militants du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), organisation classée terroriste en Algérie.

Durant son procès comme devant la cour d’appel, le journaliste a reconnu des maladresses administratives, admettant qu’il aurait dû solliciter un visa de presse. Il a exprimé regret et demande de clémence, insistant sur l’absence d’intention politique ou subversive. Sa défense a souligné qu’aucune preuve matérielle, ni sur ses appareils ni dans ses notes, ne venait appuyer les accusations d’apologie du terrorisme. Les autorités algériennes, elles, ont au contraire soutenu que ses activités relevaient d’un “acte hostile” et que les éléments recueillis suffisaient à établir une intention nuisible.

La décision suscite une vive émotion en France. Les proches du journaliste évoquent une sentence incompréhensible et un climat d’inquiétude croissante. Des organisations de défense des libertés ont dénoncé une atteinte grave à la liberté de la presse, estimant que la justice algérienne utilise des lois antiterroristes de manière disproportionnée. Paris, de son côté, s’est contenté de regretter le verdict tout en assurant suivre le dossier au plus haut niveau diplomatique.

Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre un durcissement perceptible envers les journalistes étrangers en Algérie. Plusieurs observateurs y voient un signal adressé à ceux qui s’intéressent à la Kabylie ou à d’autres thématiques jugées sensibles par le pouvoir. Pour les professionnels des médias, la condamnation de Gleizes pourrait avoir un effet dissuasif durable, freinant enquêtes, reportages et collaborations dans la région.

L’avenir immédiat de Christophe Gleizes repose désormais sur deux options : un possible pourvoi en cassation ou une hypothétique grâce présidentielle. Ses soutiens, tout comme plusieurs voix engagées en France, appellent d’ores et déjà les autorités algériennes à reconsidérer une peine jugée disproportionnée. En attendant, le journaliste demeure incarcéré, symbole malgré lui d’un bras de fer entre liberté d’informer et contrôle politique renforcé.

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