Les États-Unis désignent le « Cartel de los Soles » comme organisation terroriste : quel impact pour le régime vénézuélien ?

Par Youssef Boulayoun • 24 nov. 2025, 20:00 • 3 min de lecture • Monde
Les États-Unis désignent le « Cartel de los Soles » comme organisation terroriste : quel impact pour le régime vénézuélien ?

Suite à la publication d’un avis officiel du United States Department of State daté du 16 novembre 2025, le Cartel de los Soles a été désigné comme organisation terroriste étrangère. La mesure pourrait déclencher des sanctions massives à l’encontre du Venezuela et intensifier les tensions diplomatiques dans la région.

Les États-Unis ont franchi un nouveau cap dans leur confrontation avec le régime vénézuélien en désignant officiellement le « Cartel de los Soles » comme organisation terroriste étrangère. La décision, datée du 16 novembre 2025 et publiée dans le Federal Register, place le réseau — déjà accusé de narcotrafic, corruption et activités criminelles transnationales — sous le même statut que plusieurs groupes armés considérés comme une menace directe pour la sécurité américaine.

Selon l’avis officiel, Washington affirme disposer de preuves suffisantes établissant que les activités du Cartel de los Soles répondent aux critères fixés par l’Immigration and Nationality Act. Cette désignation permet désormais aux États-Unis de geler tous les avoirs liés à l’organisation, d’interdire toute transaction financière avec elle et d’engager, si nécessaire, des actions supplémentaires contre ses membres et ses alliés.

Ce classement vise implicitement les plus hauts responsables du régime de Nicolás Maduro. Le gouvernement américain avait déjà offert une récompense de 50 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation, ainsi qu’à celle d’autres figures associées aux réseaux criminels d’État. En inscrivant le Cartel de los Soles sur la liste noire du terrorisme international, Washington envoie un signal clair : il considère désormais le pouvoir vénézuélien non seulement comme une dictature autoritaire, mais comme une structure criminelle organisée à l’échelle internationale.

La réaction de Caracas ne s’est pas fait attendre. Le régime a immédiatement dénoncé une « agression impérialiste », accusant les États-Unis de chercher à déstabiliser le pays et à justifier de futures sanctions. Plusieurs gouvernements alliés au Venezuela, dont la Russie et certains États latino-américains, ont exprimé leur opposition, qualifiant la décision américaine de tentative d’ingérence.

Cette désignation risque toutefois de modifier en profondeur l’équilibre diplomatique régional. En classant explicitement une organisation liée à un État souverain comme groupe terroriste, Washington ouvre la porte à un isolement accru du Venezuela, mais aussi à une recomposition des alliances en Amérique latine. Les systèmes financiers, les flux énergétiques et les relations militaires pourraient être directement affectés.

Reste à savoir comment Caracas réagira dans la durée et si cette stratégie américaine, fondée sur une pression maximale, parviendra à affaiblir un régime qui, malgré les sanctions successives, a jusqu’ici toujours trouvé de nouveaux soutiens pour se maintenir au pouvoir.

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