Depuis la nuit du vendredi 10 octobre, la province de Nador et plusieurs localités voisines subissent de fortes intempéries marquées par des pluies continues et des rafales de vent. En quelques heures, des quartiers entiers ont été inondés, des routes coupées et des habitations submergées, plongeant la population dans une situation difficile.
Des précipitations exceptionnelles
Les cumuls de pluie ont atteint des niveaux rarement enregistrés dans la région, dépassant parfois les 60 millimètres en moins de 24 heures. À Bouarg, Selouane et Al Aroui, les habitants ont dû affronter des torrents d’eau envahissant les rues et emportant véhicules et déchets.
Dans certains secteurs côtiers, la mer est montée jusqu’à déborder sur la chaussée, rendant plusieurs tronçons totalement impraticables. Les services de la protection civile sont intervenus à de nombreuses reprises pour évacuer les habitants coincés par la montée des eaux.
Routes coupées et circulation perturbée
Les principales voies reliant Nador à ses communes périphériques ont connu d’importantes perturbations. Des glissements de terrain ont été signalés dans des zones montagneuses, tandis que plusieurs routes secondaires ont été temporairement fermées à la circulation.
Les automobilistes ont été invités à éviter les déplacements inutiles et à rester vigilants, notamment sur la route côtière où les rafales de vent atteignaient plus de 80 km/h par endroits.
Des dégâts matériels considérables
De nombreuses habitations, commerces et entrepôts ont subi des dégâts matériels importants. Dans plusieurs quartiers populaires de Nador-ville, l’eau s’est infiltrée dans les rez-de-chaussée et les garages, endommageant équipements électriques et mobilier.
Les services municipaux ont mobilisé des équipes pour déboucher les caniveaux et tenter de rétablir l’écoulement des eaux. Des opérations de pompage sont toujours en cours dans les zones les plus touchées.
Un phénomène aggravé par l’urbanisation et le manque de drainage
Selon plusieurs observateurs, la gravité des inondations s’explique en partie par l’insuffisance du système de drainage pluvial. La croissance urbaine rapide, le bétonnage des sols et l’absence d’espaces d’infiltration ont accentué la vulnérabilité de la ville face aux fortes pluies.
Le phénomène du changement climatique, avec la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes, aggrave également la situation dans les zones côtières du nord du Maroc.
Appel à la vigilance et à la prévention
Les autorités locales ont appelé les habitants à faire preuve de vigilance et à éviter les déplacements dans les zones à risque. Les services de secours restent mobilisés, tandis que des équipes techniques évaluent l’état des routes et des infrastructures.
Des campagnes de sensibilisation sont également prévues pour encourager la population à adopter les bons réflexes en cas de fortes précipitations : ne pas traverser les zones inondées, couper l’électricité en cas d’infiltration d’eau et sécuriser les objets à l’extérieur.
Vers une réflexion sur la résilience urbaine
Ces intempéries rappellent la nécessité d’un plan global d’aménagement et de prévention des risques dans la région de Nador. L’amélioration du réseau d’évacuation des eaux pluviales, la reforestation des zones en amont et la création de bassins de rétention figurent parmi les mesures urgentes à envisager pour limiter les dégâts lors des prochains épisodes.
Sources : fr.le360.ma, yabiladi.com, Météo Maroc