Lions de l’Atlas : un nouveau cycle lancé vers 2026, entre records et pression du haut niveau

Par Youssef Boulayoun • 07 déc. 2025, 13:56 • 5 min de lecture • Sport
Lions de l’Atlas : un nouveau cycle lancé vers 2026, entre records et pression du haut niveau

Avec une série portée à 16 victoires consécutives, une qualification acquise pour le Mondial 2026 avec deux matchs d’avance et une présence simultanée du Maroc et de sa sélection U20 dans la short-list des meilleures équipes africaines, le projet mené autour des Lions de l’Atlas entre dans une phase stratégique : stabiliser un noyau de cadres, intégrer une nouvelle génération et gérer la pression.

Les Lions de l’Atlas abordent la route de 2026 dans une position que le Maroc n’avait jamais connue : celle d’une sélection installée au sommet du football africain et respectée sur la scène mondiale. Deux ans après la demi-finale de Coupe du monde au Qatar, l’équipe nationale a transformé l’exploit en dynamique durable, enchaînant les résultats positifs et consolidant son statut de référence pour le continent.

La première rupture est statistique. En octobre 2025, le Maroc a égalé puis dépassé le record mondial de victoires consécutives en sélection A, longtemps détenu par l’Allemagne et l’Espagne. La série a d’abord atteint 15 succès de rang après un succès 1–0 face au Bahreïn, avant d’être portée à 16 rencontres sans autre résultat qu’une victoire. Cette régularité, très rare au niveau international, traduit à la fois la qualité de l’effectif, la stabilité du staff et la capacité de l’équipe à aborder chaque rendez-vous avec le même niveau d’exigence.

Sur le terrain de la compétition, les chiffres sont tout aussi parlants. Dans les qualifications africaines pour la Coupe du monde 2026, le Maroc a réalisé un parcours presque parfait, enchaînant les victoires et s’assurant la première place de son groupe avec deux journées d’avance. Un large succès 5–0 face au Niger à Rabat a scellé la qualification, faisant des Lions la première sélection africaine officiellement qualifiée pour le Mondial nord-américain. Un peu plus tôt, une victoire 2–0 contre la Tanzanie avait déjà fortement sécurisé la trajectoire, confirmant la maîtrise de l’équipe dans un groupe qu’elle a dominé tant sur le plan offensif que défensif.

Ce cycle de réussite ne se limite pas à la sélection A. La profondeur du réservoir marocain se lit aussi dans les performances des équipes de jeunes et des locaux. La sélection des joueurs évoluant dans les championnats nationaux a été sacrée championne d’Afrique du CHAN après une finale spectaculaire remportée 3–2 face à Madagascar. La sélection B a signé un impressionnant 6–0 en match de préparation contre Djibouti, alors que l’équipe engagée en Coupe arabe 2025 a débuté la compétition par une victoire maîtrisée 3–1 contre les Comores. Dans le même temps, les sélections U20 et U23 accumulent titres et podiums, participant à installer une continuité générationnelle inédite.

Ces résultats donnent un socle solide mais imposent aussi un niveau d’attente très élevé. Le staff des Lions de l’Atlas doit désormais répondre à une double contrainte : préserver l’ossature qui a fait ses preuves depuis 2022, tout en intégrant une nouvelle génération de joueurs formés dans les académies locales ou issus de la diaspora. Des profils comme Bilal El Khannouss, Abde Ezzalzouli et d’autres jeunes talents bousculent progressivement la hiérarchie, tandis que les cadres que sont Achraf Hakimi, Sofyan Amrabat ou Hakim Ziyech restent des repères techniques et psychologiques pour le groupe.

Le discours du sélectionneur est clair : l’objectif affiché est de se qualifier le plus rapidement possible aux grandes compétitions pour disposer d’un temps précieux de préparation, puis d’aborder la Coupe du monde 2026 non plus comme un outsider inattendu, mais comme une équipe appelée à confirmer son statut. La gestion de la concurrence à certains postes, la capacité à maintenir tous les joueurs mobilisés malgré la densité des calendriers en clubs, ainsi que la prévention des blessures de cadres très sollicités, font partie des dossiers prioritaires.

Sur le plan tactique, le Maroc cherche à enrichir son registre. Si le bloc compact, discipliné et performant en transition a fait sa force au Qatar, l’équipe doit désormais assumer davantage de possession face à des adversaires qui la respectent et l’attendent bas. Les matchs amicaux récents et les rencontres de qualifications montrent une sélection qui tente progressivement de varier les circuits de relance, d’impliquer davantage ses milieux créatifs et de multiplier les solutions entre les lignes, tout en préservant l’identité défensive qui a fait sa réputation.

À l’approche d’une Coupe d’Afrique des nations organisée à domicile et d’un Mondial 2026 où elle sera scrutée comme jamais, la marge d’erreur des Lions de l’Atlas est réduite. Mais les voyants, pour l’instant, restent au vert : qualification anticipée, record de victoires, reconnaissance continentale avec des nominations répétées dans les distinctions de la CAF, et une base de talents suffisamment large pour envisager l’avenir avec ambition. La vraie question n’est plus de savoir si le Maroc peut exister au plus haut niveau, mais s’il peut y rester durablement.

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