Revue du Web – Semaine du 1ᵉʳ au 8 octobre 2025

Par Youssef Boulayoun • 08 oct. 2025, 10:28 • 4 min de lecture • Maroc
Revue du Web – Semaine du 1ᵉʳ au 8 octobre 2025

Entre une montée des tensions sociales, des enjeux gouvernementaux sous pression et des signaux macroéconomiques contrastés, cette semaine au Maroc révèle les fissures persistantes d’un modèle en quête d’ajustements. Retour sur les faits saillants qu’il ne fallait pas manquer.

Mouvement GenZ212 : la jeunesse fait trembler le pacte social

Depuis fin septembre, des mobilisations spontanées de jeunes, principalement sous l’étiquette GenZ212, se multiplient dans plusieurs villes (Agadir, Salé, Oujda, Casablanca…) pour réclamer une meilleure distribution des services publics (santé, éducation) et dénoncer ce qu’ils perçoivent comme un déséquilibre dans les priorités de l’État.
Les slogans sont clairs : « Des hôpitaux, pas des stades », « On n’est pas des parasites ». L’indignation est particulièrement forte après la mort, à Agadir, de femmes en couche dans des hôpitaux publics sous-dotés, et dans la ville de Leqliaa où les forces de l’ordre ont tiré, causant des décès.
Le mouvement a provoqué plus de 400 arrestations selon les autorités, des heurts violents, et un climat de défiance à l’égard des élites politiques.
Face à la crise, le gouvernement tente d’ouvrir le dialogue, même si les jeunes réclament davantage que de simples interlocutions symboliques.

Gouvernance, institutions & lutte anti-corruption

Dans un contexte de défi social, le gouvernement a pris quelques initiatives symboliques : Le pôle DGSN-DGST et l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) ont signé une convention de coopération institutionnelle, visant à renforcer le dispositif anti-corruption.
Au niveau législatif, lors d’un conseil de gouvernement, un projet de loi de réforme des lotissements, des groupes d’habitations et morcellements sera examiné — un dossier urbanisme-clé dans un pays marqué par l’urbanisation rapide.
Enfin, le gouvernement s’intéresse aussi à l’agriculture et au secteur rural : l’accord Maroc–France pour coopérer dans l’élevage a été relancé.

Économie et signaux macro : entre contraintes et ambitions L’économie marocaine affiche des performances mitigées : Le Gouvernement signale une activité industrielle en retrait en août 2025, d’après les données de Bank Al-Maghrib.
Parallèlement, un amendement à l’accord agricole avec l’Union européenne a été signé, réaffirmant l’importance du secteur agricole dans le commerce extérieur.
Le prix de l’or, valeur refuge, connaît une hausse dans un contexte d’instabilité économique et politique.
Mais surtout, la crise sociale est un risque pour la stabilité économique : les jeunes protestataires reprochent au gouvernement d’investir lourdement dans des projets d’infrastructure (liés à la CAN 2025, au Mondial 2030) au détriment des services publics de base. Société & réformes : santé, éducation, fracture territoriale

Les revendications des manifestants touchent directement aux lacunes historiques :
Le décès de femmes en couche à Agadir a agi comme un déclencheur symbolique, soulignant l’insuffisance des structures hospitalières en zones périphériques.
Le secteur de l’éducation continue d’être bousculé : la précarité de l’école publique, le décrochage scolaire (160 000 collégiens quittent l’école chaque année selon certains médias) sont des problèmes structurels persistants.
On note aussi une tension territoriale : les populations des zones rurales ou périphériques considèrent qu’elles n’ont pas bénéficié équitablement des grands projets d’infrastructures.

Sport, diplomatie & soft power

Quelques éléments à souligner dans le domaine diplomatique et sportif :
Le Maroc poursuit sa diplomatie active : Nasser Bourita a été envoyé participer au forum “Invest In Senegal” à Dakar, sur Très Haute Instruction Royale.
Sur le front sportif, la préparation à la CAN 2025 et au Mondial 2030 est mise en avant, mais suscite aussi des critiques quant aux priorités budgétaires.
Dans le même temps, le Maroc veut se positionner comme hub régional : investissements dans les infrastructures, modernisation urbaine (cas de Casablanca), stratégie de “smart city”

Regard prospectif & recommandations

Le mouvement GenZ pourrait marquer une transition générationnelle dans l’espace politique marocain. Un observatoire médiatique mériterait d’être mis en place pour suivre ses porte-paroles émergents, ses alliances éventuelles, et sa capacité à durer.
Le pouvoir devra reconsidérer ses priorités budgétaires : si l’image internationale est importante, le “pacte social” se joue dans les hôpitaux et les écoles.
Les médias comme Chronexium doivent renforcer les enquêtes de terrain, donner la parole aux manifestants des villes secondaires ou zones rurales souvent oubliées, et contrebalancer les discours officiels.

Résumé (pour “À retenir”)

La GenZ212 impose le thème de l’injustice sociale au cœur du débat ;
Le gouvernement réplique timidement par des conventions et projets de réforme ;
L’économie montre des signes de tension, notamment dans l’industrie et l’agriculture ;
Le terrain social (santé, éducation) s’affiche désormais comme le principal point de fragilité du pacte national.
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