Alors qu’il semblait s’installer dans une forme d’immobilisme diplomatique, le dossier du Sahara revient aujourd’hui au premier plan des négociations internationales. Plusieurs facteurs convergents expliquent ce regain d’intérêt. D’abord, l’évolution du contexte géopolitique mondial a replacé l’Afrique du Nord parmi les priorités stratégiques des grandes puissances, en particulier les États-Unis et les pays européens.
Le Maroc, de son côté, continue de renforcer sa position grâce à une diplomatie active, un réseau d’alliances solide et une stabilité politique qui contraste avec les incertitudes régionales. Les successions de reconnaissances explicites ou implicites du plan d’autonomie marocain ont modifié le rapport de force diplomatique, isolant davantage les positions rigides du Polisario et de ses soutiens traditionnels.
Les enjeux énergétiques jouent également un rôle central dans ce retour du dossier. Les provinces du Sud sont devenues un espace de développement stratégique : parcs solaires et éoliens, infrastructures portuaires, projets d’interconnexion africaine… Autant d’initiatives qui renforcent l’attractivité économique de la région et la position du Maroc comme acteur énergétique continental. Les partenaires internationaux observent avec intérêt ces projets qui pourraient contribuer à sécuriser leur propre transition énergétique.
Les tensions persistantes dans le Sahel, la fragilité de plusieurs États voisins et la multiplication des crises sécuritaires ont aussi accéléré la nécessité de stabiliser durablement le Maghreb. De nombreux diplomates considèrent désormais que la résolution du dossier du Sahara constitue un élément clé pour contenir l’expansion des groupes armés et pour consolider une zone d’influence cohérente en Afrique du Nord.
Enfin, la dynamique interne des Nations unies évolue. Les résolutions du Conseil de sécurité privilégient désormais un cadre politique réaliste, loin des solutions maximalistes défendues par le Polisario. Le plan d’autonomie marocain, présenté comme sérieux et crédible, bénéficie de cette nouvelle configuration internationale.
Dans ce contexte, l’ONU, les capitales occidentales et plusieurs pays africains réactivent leurs efforts pour encourager une solution durable. Le dossier du Sahara, loin d’être secondaire, devient un élément structurant des équilibres diplomatiques actuels.