Aides sociales directes au Maroc : le gouvernement accélère avant 2026

Par Youssef Boulayoun • 19 déc. 2025, 18:23 • 2 min de lecture • Société
Aides sociales directes au Maroc : le gouvernement accélère avant 2026

Le Maroc poursuit la mise en place de son système d’aides sociales directes, avec de nouvelles mesures destinées à élargir la couverture et améliorer le ciblage des bénéficiaires.

Le chantier des aides sociales directes entre dans une phase décisive au Maroc. Lors d’une récente réunion gouvernementale, l’exécutif a confirmé sa volonté d’accélérer le déploiement du dispositif, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les attentes sociales persistantes.

Selon les données communiquées, le programme bénéficie déjà à plus de 4 millions de ménages, représentant environ 12 millions de citoyens. Pour l’année 2025, l’enveloppe budgétaire consacrée aux aides sociales directes dépasserait 25 milliards de dirhams, en hausse par rapport à l’exercice précédent.

L’objectif affiché est double. D’une part, renforcer le pouvoir d’achat des foyers les plus vulnérables à travers des transferts monétaires réguliers. D’autre part, améliorer le ciblage des bénéficiaires grâce à l’exploitation du Registre social unifié, désormais opérationnel à grande échelle. Les autorités indiquent que plus de 90 % des dossiers seraient aujourd’hui traités via des procédures numériques.

Cette réforme s’inscrit dans une refonte plus large de la politique sociale. Elle accompagne la généralisation de la protection sociale et vise à rationaliser les mécanismes d’aide auparavant fragmentés. Le gouvernement insiste sur la nécessité de remplacer les subventions indirectes par des aides ciblées, jugées plus efficaces et plus équitables.

Toutefois, le dispositif continue de susciter des interrogations. Des acteurs associatifs et syndicaux appellent à une vigilance accrue sur les critères d’éligibilité et sur le montant réel des aides, estimant que certains ménages restent en marge du système. La question de la soutenabilité budgétaire à moyen terme est également régulièrement soulevée.

À l’approche de 2026, année présentée comme une étape clé de la réforme sociale, les aides directes apparaissent comme un test politique majeur. Leur efficacité conditionnera en grande partie la crédibilité du modèle social que le Maroc cherche à installer durablement.

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