Algérie : la Banque d’Algérie alerte sur la chute du dinar et la pression sur les réserves extérieures

Par Youssef Boulayoun • 02 déc. 2025, 17:28 • 3 min de lecture • Économie
Algérie : la Banque d’Algérie alerte sur la chute du dinar et la pression sur les réserves extérieures

Le dernier rapport de la Banque d’Algérie met en lumière la dévaluation continue du dinar, l’érosion des réserves de change et la fragilité du modèle économique national. Une situation qui expose les limites du discours officiel sur la résilience financière du pays.

Un rapport interne qui confirme l'inquiétude des marchés

La Banque d’Algérie a publié une nouvelle note technique portant sur l’évolution du dinar et de la situation financière du pays. Le document souligne une dépréciation continue de la monnaie nationale face au dollar et à l’euro. Selon les données internes, le dollar a franchi un nouveau seuil symbolique sur le marché officiel, tandis que le marché parallèle enregistre des niveaux historiquement élevés.

Cette dynamique révèle un affaiblissement structurel difficile à contenir, malgré les interventions régulières de l’institution monétaire.

Le dinar en recul : un pouvoir d’achat sous pression

La perte de valeur du dinar continue d’éroder le pouvoir d’achat. Les importations de biens essentiels — produits alimentaires, médicaments, équipements — deviennent mécaniquement plus coûteuses.
Les ménages algériens subissent déjà une inflation élevée, et la dépréciation monétaire ne fait qu’aggraver la situation. La Banque d’Algérie reconnaît que les mesures de contrôle des importations n'ont pas permis d’endiguer l’escalade des prix.

Des réserves extérieures qui se contractent

Le rapport souligne également un recul notable des réserves de change, malgré des recettes en hydrocarbures relativement élevées en 2024 et 2025.
La structure de l’économie algérienne, dépendante à plus de 90 % des hydrocarbures pour ses recettes extérieures, rend les réserves particulièrement sensibles aux fluctuations du marché mondial.

La Banque d’Algérie avertit que la marge de manœuvre se réduit et pourrait se resserrer davantage si les cours du gaz et du pétrole venaient à fléchir.

Un modèle économique fragile et peu diversifié

La note insiste sur la nécessité urgente d’une diversification économique réelle. Malgré les annonces gouvernementales, les investissements hors hydrocarbures peinent à décoller.
Industrie, agriculture, numérique : tous les secteurs non pétroliers restent sous-performants.
L’institution monétaire évoque même un risque de stagnation prolongée si les réformes structurelles continuent d’être retardées.

L’écart entre discours officiel et réalité économique

Ces conclusions contrastent fortement avec les déclarations publiques des autorités, qui assurent que le pays dispose de “réserves solides” et d’une “stabilité financière maîtrisée”.
Pourtant, ce rapport technique confirme une fragilité persistante, accentuée par les tensions sociales, l’augmentation de la masse monétaire en circulation et une politique budgétaire expansive.

Une économie sous tension avant 2026

À l’approche de l’exercice budgétaire 2026, ces signaux d’alerte mettent en lumière une situation préoccupante.
La Banque d’Algérie semble appeler implicitement à un réajustement urgent : réduction du déficit, meilleure gestion de la monnaie nationale, et accélération des investissements productifs.
Sans cela, la dépréciation du dinar et la pression sur les réserves pourraient s’intensifier, exposant encore davantage l’économie aux chocs externes.

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