Amnistie fiscale record au Maroc : plus de 120 milliards de dirhams régularisés

Par Youssef Boulayoun • 12 oct. 2025, 16:29 • 3 min de lecture • Économie
Amnistie fiscale record au Maroc : plus de 120 milliards de dirhams régularisés

Le Maroc a enregistré en 2024 une amnistie fiscale historique, permettant la régularisation de plus de 120 milliards de dirhams d’avoirs non déclarés. Une mesure exceptionnelle qui illustre à la fois la confiance retrouvée entre les contribuables et l’État, mais aussi les limites d’un système fiscal en quête d’équité.

L’année 2024 restera dans les annales de la fiscalité marocaine. Le Royaume a enregistré un montant record de plus de 120 milliards de dirhams d’avoirs régularisés dans le cadre de l’amnistie fiscale lancée par le gouvernement.
Une opération qui a permis à des milliers de citoyens et d’entreprises de déclarer leurs avoirs non fiscalisés en contrepartie d’un taux libératoire unique de 5 %, selon les données publiées par la Direction générale des impôts (DGI).


Une manne financière pour l’État
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Au-delà des montants révélés, cette amnistie a rapporté environ 6 milliards de dirhams en recettes directes pour le Trésor public. Ces sommes proviennent des contributions libératoires versées par les contribuables souhaitant régulariser leur situation, qu’il s’agisse d’avoirs détenus à l’étranger, d’économies en espèces ou de biens immobiliers non déclarés.

L’objectif affiché du gouvernement était double : intégrer dans le circuit formel une partie importante de l’économie parallèle, et renforcer la confiance entre l’administration et les citoyens après des années de méfiance mutuelle.


Les objectifs de la régularisation

Cette mesure exceptionnelle visait à encourager la transparence financière et à réduire la masse de liquidités en circulation en dehors du système bancaire. Le ministre délégué chargé du Budget a rappelé que « l’économie informelle représente encore près de 30 % du PIB national », un frein majeur au développement fiscal et économique du pays.

L’amnistie a également été saluée pour avoir contribué à stabiliser la balance des paiements et à renforcer les réserves en devises, un effet indirect mais notable selon les économistes.


Une mesure saluée mais controversée

Si le succès financier de l’opération est indéniable, plusieurs voix critiques estiment que cette amnistie profite avant tout aux contribuables les plus aisés, capables de mobiliser rapidement des sommes importantes.
Des associations dénoncent une injustice sociale vis-à-vis des petits contribuables, qui s’acquittent régulièrement de leurs impôts sans bénéficier de mesures similaires.

D’autres experts soulignent le risque de créer une habitude d’attente d’amnisties périodiques, sapant ainsi la rigueur fiscale à long terme. Pour éviter cela, le ministère des Finances promet de renforcer les mécanismes de contrôle et d’investir les fonds collectés dans des secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation et les infrastructures.


Vers une nouvelle culture fiscale
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Pour de nombreux observateurs, cette opération marque néanmoins une étape symbolique dans la modernisation du système fiscal marocain.
La réussite de l’amnistie montre qu’une approche basée sur la confiance et la responsabilisation peut générer des résultats tangibles, à condition que l’État maintienne une gestion transparente des recettes.

Le défi reste désormais de transformer cette réussite ponctuelle en culture fiscale durable, fondée sur l’équité et la confiance mutuelle.

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