Aziz Akhannouch renonce à un nouveau mandat au RNI : fin de cycle politique ?

Par Youssef Boulayoun • 11 janv. 2026, 14:20 • 2 min de lecture • Politique
Aziz Akhannouch renonce à un nouveau mandat au RNI : fin de cycle politique ?

La non-reconduction annoncée d’Aziz Akhannouch à la tête du RNI marque un tournant politique majeur. Elle pose la question de la succession, de l’avenir de la majorité et de l’héritage d’un cycle gouvernemental contesté.

La scène politique marocaine est secouée par une annonce qui, sans être officiellement formalisée, fait déjà l’effet d’un séisme : Aziz Akhannouch ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête du Rassemblement National des Indépendants. Une décision interprétée comme la fin progressive d’un cycle ouvert avec la victoire électorale de 2021.

Arrivé au sommet du pouvoir avec une majorité parlementaire confortable, Akhannouch a incarné un leadership fondé sur la stabilité, la gestion technocratique et une forte centralisation des décisions. Mais son mandat a aussi été marqué par une contestation sociale persistante, nourrie par l’inflation, le pouvoir d’achat et une perception croissante de déconnexion entre l’exécutif et les attentes populaires.

Le choix de ne pas se représenter au sein du RNI apparaît ainsi comme une manœuvre stratégique autant que politique. En se retirant de l’arène partisane interne, Akhannouch évite une usure prolongée de son image et ouvre la voie à une recomposition maîtrisée du leadership, tout en conservant une influence indirecte sur les orientations futures du parti.

Cette décision relance immédiatement la question de la succession. Le RNI, construit autour d’un appareil solide mais fortement personnalisé, devra désigner une nouvelle figure capable de maintenir l’équilibre de la majorité et de préparer l’échéance cruciale de 2026. Un défi d’autant plus complexe que le parti devra se repositionner face à une opposition plus offensive et à une opinion publique devenue plus exigeante.

Au-delà du RNI, cette annonce modifie les équilibres de l’ensemble du champ politique marocain. Elle affaiblit la lecture d’une continuité automatique du pouvoir et ouvre un espace de manœuvre aux autres formations, qui voient dans cette transition une opportunité de reprendre l’initiative politique et narrative.

La non-réélection annoncée d’Aziz Akhannouch ne signe pas un retrait immédiat de la vie politique, mais elle marque clairement la fin d’une phase. Une phase où gouvernance économique, stabilité institutionnelle et critiques sociales ont coexisté dans une tension permanente. L’après-Akhannouch au RNI est désormais un enjeu central du calendrier politique marocain.

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