Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont redessiné le paysage politique marocain. Avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive en tête du scrutin et devance nettement ses principaux concurrents.
Désormais, une question domine l’actualité politique : qui sera nommé à la tête du prochain gouvernement ?
Plusieurs personnalités du PAM sont citées dans la presse et le débat politique, mais, à ce stade, aucune nomination officielle n’a été annoncée. La Constitution encadre en revanche clairement la prochaine étape institutionnelle.
Le PAM remporte les législatives avec 97 sièges
Les résultats définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur confirment la nouvelle composition politique de la Chambre des représentants.
Le PAM arrive en première position avec 97 sièges, devant le Rassemblement National des Indépendants (RNI), qui obtient 66 sièges, et le Parti de l’Istiqlal, avec 65 sièges.
Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) effectue pour sa part un retour important à la Chambre avec 54 sièges.
Viennent ensuite le Mouvement Populaire avec 29 sièges, l’USFP avec 26, le PPS avec 19 et l’Union Constitutionnelle avec 17.
Le scrutin a enregistré un taux de participation national d’environ 38 %, selon les chiffres officiels.
Cette configuration ne donne à aucune formation la majorité absolue de 198 sièges. La formation du prochain gouvernement passera donc nécessairement par la constitution d’une coalition parlementaire.
Que prévoit la Constitution pour le choix du chef du gouvernement ?
La victoire du PAM ne signifie pas que le parti peut désigner librement le prochain chef du gouvernement.
L’article 47 de la Constitution marocaine prévoit que le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti politique arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants, et au vu de leurs résultats.
Le prochain chef du gouvernement devra donc être choisi au sein du PAM.
Une précision importante : le texte constitutionnel ne prévoit pas que la personne nommée doive nécessairement être le secrétaire général ou le principal dirigeant du parti.
Cette particularité prend cette année une importance particulière puisque le PAM fonctionne avec une direction collégiale et que plusieurs personnalités sont évoquées depuis l'annonce des résultats.
Fatima Ezzahra El Mansouri
Le nom de Fatima Ezzahra El Mansouri figure parmi ceux les plus fréquemment évoqués dans la presse depuis la victoire du PAM.
Ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville dans le gouvernement sortant, maire de Marrakech et coordinatrice de la direction collégiale du PAM, elle occupe une place centrale dans la direction du parti vainqueur.
Lors de sa conférence de presse suivant le scrutin, elle a elle-même abordé l'hypothèse de la chefferie du gouvernement, déclarant qu'une nomination par le Roi constituerait pour elle « un grand honneur », tout en rappelant que cette décision relevait du Souverain.
Son éventuelle nomination aurait également une portée historique : elle deviendrait la première femme à diriger un gouvernement au Maroc.
Plusieurs médias ont rapporté qu'elle pourrait être reçue au Palais royal ce lundi 28 septembre. À l'heure de publication de cet article, ces informations ne constituent toutefois pas l'annonce officielle d'une nomination.
Fouzi Lekjaa
Autre personnalité très présente dans les discussions : Fouzi Lekjaa.
Ministre délégué chargé du Budget, président de la Fédération Royale Marocaine de Football et personnalité fortement associée aux grands projets sportifs du Royaume, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2030, Fouzi Lekjaa a occupé une place particulièrement visible pendant la campagne électorale du PAM.
Son intégration récente aux instances du parti et son exposition pendant la campagne ont alimenté les spéculations autour de son nom.
Fatima Ezzahra El Mansouri a elle-même cité Fouzi Lekjaa parmi les personnalités du PAM susceptibles d'être choisies, tout en affirmant qu'il n'existait pas de compétition entre eux.
Aucune annonce institutionnelle ne permet cependant, à ce stade, de présenter Fouzi Lekjaa comme futur chef du gouvernement.
Abdellatif Ouahbi
Le nom d'Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice et ancien secrétaire général du PAM, a également circulé.
Son expérience à la tête du parti et au gouvernement explique notamment que son nom soit évoqué dans les spéculations entourant la future Primature.
Des informations annonçant sa nomination ont toutefois circulé prématurément au cours du week-end, avant d'être démenties par l'intéressé.
Il demeure une personnalité importante du PAM, mais aucun élément officiel ne permet actuellement d'affirmer qu'il sera désigné.
Mehdi Bensaid et d'autres profils également évoqués
La liste des possibilités ne s'arrête pas à ces trois personnalités.
Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et membre de la direction collégiale du PAM, fait également partie des noms mentionnés dans le débat autour de la future équipe gouvernementale.
Fatima Ezzahra El Mansouri avait d'ailleurs volontairement laissé le jeu ouvert après les élections, citant plusieurs responsables du parti lorsqu'elle avait été interrogée sur la personnalité susceptible d'accéder à la chefferie du gouvernement.
D'autres noms ont ponctuellement circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ils doivent cependant être considérés avec prudence tant qu'aucune annonce officielle n'est intervenue.
Le véritable défi : construire une majorité
Quelle que soit la personnalité finalement nommée, une seconde étape déterminante commencera immédiatement : former une majorité gouvernementale.
Avec 97 députés, le PAM est loin des 198 sièges correspondant à la majorité absolue de la Chambre.
Mathématiquement, plusieurs configurations sont possibles.
Une alliance PAM-RNI-Istiqlal représenterait par exemple 228 sièges. Une association du PAM avec seulement le RNI atteindrait 163 sièges et resterait insuffisante, tandis qu'une alliance PAM-Istiqlal totaliserait 162 sièges.
D'autres combinaisons faisant intervenir des formations comme le Mouvement Populaire, l'USFP, le PPS ou l'UC sont également arithmétiquement envisageables.
Mais l'arithmétique parlementaire ne suffit pas : les programmes, les orientations politiques et les négociations entre les états-majors détermineront la configuration de la future majorité.
Le PJD, qui revient avec 54 députés, constitue également une force parlementaire importante. Son secrétaire général Abdelilah Benkirane a toutefois déclaré après le scrutin qu'il n'envisageait pas, pour sa part, une participation à un gouvernement dirigé par le PAM.
Le recul du RNI et le retour du PJD changent la donne
Ces législatives marquent aussi un changement significatif par rapport à 2021.
Le RNI, qui disposait de 102 sièges à l'issue des précédentes élections et dirigeait le gouvernement d'Aziz Akhannouch, tombe à 66 sièges.
À l'inverse, le PJD réalise un retour parlementaire important. Après être passé de 125 sièges en 2016 à seulement 13 en 2021, le parti obtient cette fois 54 sièges.
Entre les deux, l'Istiqlal conserve une place déterminante avec ses 65 députés, ce qui pourrait lui donner un rôle important dans les discussions sur la future majorité.
Le scrutin du 23 septembre ne constitue donc pas seulement une victoire du PAM : il entraîne une nouvelle répartition des forces au Parlement.
Une nomination désormais très attendue
Cinq jours après les élections, le Maroc est entré dans la phase institutionnelle qui doit conduire à la formation du nouvel exécutif.
Une chose est désormais acquise : conformément à la Constitution, le prochain chef du gouvernement sera nommé au sein du PAM, formation arrivée en tête des législatives.
En revanche, son identité reste officiellement inconnue au moment où nous publions ces lignes.
Fatima Ezzahra El Mansouri, Fouzi Lekjaa, Abdellatif Ouahbi, Mehdi Bensaid ou une autre personnalité du parti : plusieurs noms circulent, mais la décision finale relève du Roi Mohammed VI conformément à l'article 47 de la Constitution.
La prochaine annonce officielle permettra de mettre fin aux spéculations et ouvrira immédiatement un autre chapitre : celui des négociations pour constituer la majorité appelée à gouverner le Maroc durant la nouvelle législature.