De “Hollywood du désert” à plateforme créative complète, le Maroc a changé d’ambition. Ouarzazate reste la vitrine ; Rabat et Essaouira étendent la palette : villes historiques, littoral, montagnes, plaines agricoles, désert — un catalogue de décors à quelques heures de route. Ce capital naturel s’adosse à des procédures centralisées (CCM), à des incitations financières et à une logistique sûre.
La professionnalisation des équipes techniques a été décisive : chefs déco, machinerie, FX, post-production. Moins d’import de compétences, plus d’emplois locaux et de transferts de savoir. Studios modernisés, ateliers d’accessoires, bases de figurants : l’écosystème raccourcit les temps de production. Les festivals (Marrakech, Rabat) et les commissions du film jouent le rôle d’interface et de promotion.
Les retombées dépassent la dépense directe : hôtellerie, transports, artisanat, tourisme d’images. Le soft power se construit par récits : chaque tournage ajoute une couche à la marque Maroc — ouverture, diversité, technicité. Pour capitaliser, il faut monter dans la chaîne de valeur : post-prod avancée, VFX, animation, IP locales. C’est là que se crée l’export durable : quand les histoires marocaines circulent dans le monde.
Le prochain saut ? Former et retenir les talents, stabiliser les règles du jeu, accélérer la post-production locale, accompagner l’écriture et la coproduction. La diplomatie culturelle et les accords de coprod peuvent convertir les décors en industries créatives à forte valeur.
Sources
Centre Cinématographique Marocain (statistiques, incitations)
Commissions du film (Rabat, Ouarzazate, Essaouira)
Festivals internationaux (Marrakech, Rabat)
UNESCO (industries culturelles)
Études BAD/UNCTAD (filières audiovisuelles)