Combien coûte réellement le Polisario à l’Algérie ?

Par Youssef Boulayoun • 26 nov. 2025, 17:15 • 4 min de lecture • Enquête
Combien coûte réellement le Polisario à l’Algérie ?

Les différentes estimations placent le coût du Polisario pour l’Algérie entre 600 millions et plus d’un milliard de dollars par an.

Un engagement géopolitique lourd à assumer

Le soutien algérien au Polisario s’inscrit dans une continuité politique remontant à la fin des années 1970. L’Algérie accueille les camps de Tindouf, offre une plateforme diplomatique à la direction du mouvement et assure sa sécurité sur son territoire. Cette implication globale a des conséquences financières directes qui, faute de communication officielle, sont évaluées à partir d’indices externes et d’analyses géopolitiques.

Des estimations variant entre 600 millions et plus d’un milliard de dollars

Les chiffres avancés diffèrent en fonction du périmètre retenu. Certaines analyses se limitent à l’aide directe fournie aux camps, ce qui conduit à des montants compris entre 600 et 700 millions de dollars. D’autres incluent les dépenses militaires, la logistique, l’administration politique de la “RASD” et les opérations diplomatiques internationales. Dans ce cas, les estimations franchissent le seuil du milliard de dollars, avec des pics plus élevés lors des périodes de tension régionale ou de renforcements militaires dans la zone.

La dimension militaire comme poste principal

La composante militaire représente le cœur des dépenses. Elle comprend la formation des combattants, la fourniture de matériel, le soutien logistique aux unités du Polisario et la présence renforcée des forces armées algériennes autour de Tindouf et des frontières voisines. L’ensemble de ces actions absorbe une part majeure du budget consacré au mouvement, ce qui explique que les évaluations les plus hautes dépassent facilement le milliard de dollars par an.

Poids de la diplomatie et de l’administration politique

Le fonctionnement des représentations diplomatiques de la “RASD”, les déplacements officiels, les campagnes de communication, l’entretien des délégations et l’accompagnement administratif nécessitent un financement constant. L’Algérie prend une part importante de ces charges afin de maintenir la visibilité internationale du Polisario et de soutenir ses démarches auprès des organisations régionales et internationales.

Les camps de Tindouf : un système entièrement dépendant

Les camps installés à Tindouf reposent presque totalement sur les infrastructures et services fournis par l’État algérien. Les besoins essentiels tels que l’électricité, l’eau, les soins médicaux, les installations éducatives et les transports sont assurés ou fortement subventionnés par Alger. À cela s’ajoutent l’entretien des structures existantes, la création ou la rénovation de bâtiments et le soutien logistique quotidien aux populations des camps. L’ensemble forme une charge récurrente significative.

Des écarts liés au manque de données et au contexte politique

Les divergences entre les estimations s’expliquent par l’absence de chiffres officiels, les variations de définition de ce qui constitue le “coût” du Polisario, et les fluctuations du contexte économique algérien. Lors des périodes de baisse des revenus énergétiques ou de tensions budgétaires internes, les dépenses peuvent être ajustées, tandis que les crises régionales ou diplomatiques entraînent au contraire une hausse du soutien. Ces éléments rendent les évaluations approximatives mais convergent toutes vers un coût particulièrement élevé et constant.

Un sujet de débat interne en Algérie

La question du coût financier du Polisario revient régulièrement dans les discussions politiques et économiques algériennes, notamment dans les moments de pression sociale ou de crise économique. Certains observateurs considèrent que les montants engagés pourraient être réorientés vers des besoins internes. Malgré cela, le soutien au Polisario demeure un axe stratégique fondamental pour Alger, ce qui rend improbable une réduction drastique de cette enveloppe à court terme.

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