Le 8 septembre 2023 restera gravé dans la mémoire des Marocains. Le séisme d’Al Haouz, d’une magnitude de 6,8, a coûté la vie à près de 3 000 personnes et détruit des dizaines de milliers d’habitations dans les provinces de Marrakech-Safi, Taroudant, Chichaoua et Ouarzazate.
Deux ans plus tard, la reconstruction avance, mais le combat contre les fausses informations qui ont accompagné la crise reste, lui aussi, d’actualité.
Un chantier titanesque : plus de 50 000 maisons réhabilitées
Le programme royal de reconstruction a été lancé quelques jours après la catastrophe. Selon les données officielles publiées à l’été 2025, 51 154 habitations sinistrées ont été entièrement reconstruites ou réhabilitées, pour un budget global dépassant 4,5 milliards de dirhams.
À ces efforts s’ajoutent 2,4 milliards de dirhams d’aides d’urgence directes versées aux familles les plus touchées. Les travaux ont également concerné 306 écoles et 103 centres de santé, dont une majorité déjà remis en service.
Dans les zones montagneuses d’accès difficile, des routes et réseaux d’eau ont été reconstruits. Les agriculteurs, quant à eux, ont bénéficié d’un appui en bétail, semences et fourrage, tandis que les petits commerçants ont reçu une aide pour relancer leur activité.
Des sinistrés encore dans l’attente
Malgré ces avancées, la reconstruction n’a pas encore atteint toutes les zones touchées.
Certains douars isolés restent difficiles d’accès, et plusieurs familles vivent encore dans des habitations provisoires.
Des associations locales évoquent aussi un manque de transparence dans la distribution des aides.
Un récent sondage estime que près de 8 sinistrés sur 10 jugent le soutien gouvernemental encore insuffisant.
Une vague de fausses informations

Au-delà du drame matériel, les autorités ont dû faire face à une deuxième catastrophe : la désinformation.
Dès les premiers jours du séisme, de nombreuses vidéos et publications virales ont circulé sur les réseaux sociaux, prétendant que certaines zones n’avaient reçu « aucune aide », ou que « les dons des citoyens avaient été détournés ».
Beaucoup de ces affirmations se sont révélées fausses ou manipulées : certaines images provenaient d’autres pays, d’autres dataient de plusieurs années avant la catastrophe.
L’Agence MAP et plusieurs médias marocains ont multiplié les démentis :
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Une vidéo prétendant montrer des villages totalement abandonnés s’est avérée ancienne.
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D’autres messages affirmaient que des conteneurs du Qatar étaient envoyés pour loger les sinistrés : info démentie par les autorités qataries et marocaines.
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Des comptes anonymes ont aussi diffusé de faux montants d’aides attribuées, parfois pour discréditer le programme royal de reconstruction.
Mobilisation des médias et de la société civile
Face à cette situation, plusieurs rédactions, dont la MAP, Le360, Hespress et Médias24, ont mis en place des cellules de vérification pour contrer les rumeurs.
Des initiatives citoyennes ont vu le jour sur Facebook et X (ex-Twitter) pour repérer les publications trompeuses et rappeler les sources officielles d’information.
Le ministère de l’Intérieur a de son côté appelé les citoyens à consulter les canaux institutionnels avant de relayer toute image ou chiffre lié à l’aide ou à la reconstruction.
Reconstruire les maisons, mais aussi la confiance

La reconstruction d’Al Haouz n’est pas seulement une affaire de briques et de ciment : c’est aussi une question de confiance collective.
Chaque fausse information fragilise la solidarité nationale, mine la crédibilité des institutions et décourage ceux qui œuvrent sur le terrain.
Pour beaucoup de Marocains, la réponse à ce double défi — reconstruire et rétablir la vérité — représente la véritable leçon de cette tragédie.
Sources :
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Médias24 (septembre 2025) – Bilan officiel de la reconstruction d’Al Haouz
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Le360 – Programme de réhabilitation des zones sinistrées
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Hespress – Sondage sur la perception de l’aide aux sinistrés
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MAP Express – Communiqués de démenti des fausses informations
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Le Monde, Jeune Afrique – Suivi post-séisme et analyse des défis persistants