L’année 2025 marque un tournant majeur pour l’écosystème numérique marocain. Les autorités ont lancé une campagne d’assainissement d’une ampleur inédite afin de faire face aux dérives qui se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Escroqueries commerciales, diffamation organisée, chantage numérique, exploitation de pages anonymes ou cyberharcèlement : les interventions se sont accélérées mois après mois, révélant l’étendue de pratiques qui menaçaient la confiance des citoyens dans l’espace digital.
Depuis le début de l’année, la DGSN, la BNPJ et les brigades spécialisées ont coordonné plusieurs opérations dans différentes villes du pays. Les enquêtes ont ciblé des activités utilisant la notoriété en ligne pour tromper, manipuler ou nuire. Dans de nombreux cas, des pages très suivies proposaient de fausses informations, diffamaient des personnalités publiques ou exerçaient des pressions financières en échange de la suppression de contenus. D’autres investigations ont mis en lumière des escroqueries liées à des ventes fictives, des jeux concours truqués ou la collecte illégale de données personnelles.
L’une des tendances qui a retenu l’attention des autorités concerne la prolifération de comptes anonymes se présentant comme des plateformes d’actualité ou de “scoops”, alors qu’ils servaient principalement à diffuser de la désinformation ou à attaquer des individus de manière coordonnée. Ces pratiques ont été considérées comme particulièrement dangereuses pour la stabilité sociale et la crédibilité des sources d’information.
Les forces de sécurité ont également dû faire face à une hausse notable des cas de cyberharcèlement. Plusieurs affaires ont impliqué des contenus ciblant des femmes, des mineurs ou des personnalités publiques, avec diffusion de conversations privées, montages diffamatoires ou campagnes d’insultes systématiques. Les autorités ont rappelé que le Code pénal et la législation sur la cybercriminalité prévoient des sanctions fermes en cas d’atteinte à la vie privée ou de harcèlement numérique.
Au fil des opérations menées en 2025, les autorités ont insisté sur un objectif clair : rétablir un espace numérique où l’information vérifiée, la protection des utilisateurs et la responsabilité individuelle prédominent. Cette campagne d’assainissement, saluée par certains et critiquée par d’autres, s’inscrit dans une dynamique de régulation plus large visant à encadrer les activités d’influence, lutter contre les arnaques et renforcer la sécurité numérique.
Si les résultats complets ne seront connus qu’à la fin de l’année, une chose est sûre : 2025 restera comme l’année où le Maroc a décidé d’affronter de manière frontale les excès d’un web devenu un terrain fertile pour la désinformation, le chantage et les abus. La question sera désormais de savoir si ce mouvement pourra s’inscrire durablement dans le paysage numérique marocain et s’accompagner d’une stratégie de prévention auprès des jeunes, principaux utilisateurs des réseaux.