Leroy Merlin au cœur d’une polémique : pourquoi l’enseigne se retrouve ciblée sur X ?

Par Youssef Boulayoun • 18 nov. 2025, 08:46 • 3 min de lecture • Société
Leroy Merlin au cœur d’une polémique : pourquoi l’enseigne se retrouve ciblée sur X ?

Leroy Merlin est accusé d’avoir retiré ses publicités d’un site identifié comme d’extrême droite après l’intervention du collectif Sleeping Giants. Une décision commerciale devenue polémique politique.

Une polémique inattendue secoue Leroy Merlin.
Depuis quelques heures, l’enseigne de bricolage se retrouve au centre d’un buzz politique sur X, suite à la publication d’un post relayant une intervention du collectif Sleeping Giants France. Celui-ci affirme avoir signalé au groupe la présence de publicités Leroy Merlin sur Frontières, un site classé « d’extrême droite » par ses détracteurs. La marque aurait ensuite demandé le retrait de ces annonces.

Un retrait publicitaire… devenu affaire politique.
Dans les faits, ce type de demande est courant : les grandes enseignes cherchent régulièrement à éviter d’être affichées sur des plateformes jugées sensibles, polémiques ou toxiques. C’est ce qu’on appelle le brand safety, une pratique standard dans la gestion des campagnes automatisées via Google Ads.

Mais sur X, l’information a immédiatement été instrumentalisée : plusieurs comptes politiques et militants ont accusé Leroy Merlin de « céder à l’extrême gauche », voire de « s’aligner sur LFI ». D’autres parlent de tentative de « censure d’un site patriote » ou appellent à un boycott. Autant d’interprétations éloignées de la réalité technique : la marque ajuste simplement son affichage publicitaire, comme le font la majorité des grands annonceurs.

Sleeping Giants, déclencheur involontaire du buzz.
Le collectif Sleeping Giants, qui vise à inciter les marques à retirer leur publicité des sites qu’il estime extrémistes, joue un rôle central dans cette affaire. Très actif sur les réseaux sociaux, il mène régulièrement ce type de campagne. Le fait que Leroy Merlin ait ajusté son affichage après leur signalement a suffi à déclencher une vague de réactions politiques.

Un climat polarisé où tout devient matière à conflit.
La situation illustre le glissement actuel du débat public : une décision commerciale neutre, prise dans le cadre normal de la gestion d’annonces programmatiques, se transforme en polémique nationale dès qu’elle touche à des sites ou collectifs marqués politiquement.

Ce type d’incident révèle également l’influence grandissante des réseaux sociaux dans la gestion de l’image des entreprises. Leroy Merlin n’a, pour l’heure, publié aucune réaction officielle — une stratégie souvent efficace pour laisser s’éteindre une polémique qui reste cantonnée aux cercles militants.

Pas de crise majeure, mais une visibilité indésirable.
À ce stade, la controverse n’est pas relayée par les médias généralistes et demeure limitée à X. Cependant, si des personnalités politiques de premier plan s’emparent de l’affaire, le sujet pourrait prendre de l’ampleur.

Pour Leroy Merlin, l’épisode rappelle que, dans un climat ultra-polarisé, la gestion de la publicité automatisée peut rapidement être interprétée — ou déformée — sur le terrain politique.

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