Pourquoi tant de Marocains rêvent de vivre à la campagne

Par Youssef Boulayoun • 13 oct. 2025, 12:58 • 2 min de lecture • Société
Pourquoi tant de Marocains rêvent de vivre à la campagne

De Chefchaouen à Azrou, un nouveau phénomène gagne du terrain : de plus en plus de Marocains, jeunes actifs ou familles, envisagent de quitter la ville pour s’installer à la campagne. Entre quête de sérénité, coût de la vie et retour aux racines, ce mouvement redessine peu à peu le visage du Maroc rural.

Un rêve devenu projet concret

Depuis la pandémie, la relation des Marocains à la ville a changé. Le télétravail, la fatigue urbaine et l’explosion du coût de la vie poussent une partie de la population à rêver d’un autre cadre.
Dans les régions de Chefchaouen, Essaouira, Ifrane ou Benslimane, on observe une hausse sensible des acquisitions de petites maisons rurales ou terrains agricoles.

Pour beaucoup, il ne s’agit plus d’un simple refuge pour les week-ends, mais d’un projet de vie durable.

« À Casablanca, tout est cher et bruyant. Ici, j’ai un potager, du temps et de l’air pur », témoigne Rachid, 38 ans, installé récemment près d’Azrou.


Les motivations d’un retour aux sources

  1. Un coût de la vie plus accessible
    Le prix du logement reste bien inférieur à celui des grandes villes. Même avec un salaire moyen, il devient possible de posséder un terrain ou une maison.

  2. Une quête de calme et de sens
    Après les confinements successifs, la santé mentale et le bien-être sont devenus prioritaires. La campagne incarne un équilibre que la ville ne peut plus offrir.

  3. L’autonomie et l’écologie
    Cultiver, produire, consommer local : la tendance “slow life” touche désormais aussi les Marocains. Certains visent même une autosuffisance alimentaire partielle.


Un Maroc rural en pleine transformation

Le Maroc rural de 2025 n’est plus celui d’hier. L’accès à la fibre optique, à la formation en ligne et à la livraison e-commerce réduit l’isolement des zones rurales.
Des initiatives émergent : coworkings à Ifrane et Taliouine, programmes de tourisme vert, et fermes intelligentes utilisant l’IA pour gérer l’irrigation.

Mais ce boom entraîne aussi des défis :

  • hausse des prix du foncier, notamment près des villes touristiques,

  • risque de spéculation immobilière,

  • et inégalités persistantes entre zones rurales connectées et enclavées.


Vers un nouvel équilibre Maroc urbain/rural

Si la migration vers la campagne reste marginale à l’échelle nationale, elle traduit un changement profond de mentalité.
Le modèle du Marocain “citadin à tout prix” perd de son attrait face à une jeunesse en quête de sens, d’air et de temps.

Les prochaines années diront si cette envie d’authenticité se transformera en véritable révolution territoriale.

 

Sources : HCP, MAP, Enquête Chronexium 2025, Maroc Vert 2030

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